mardi 22 mai 2012

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Dimanche 25 avril 2010 : Commémoration de la Libération des camps de concentration et d'extermination nazis

 

Discours de Marceau Lefèvre à l'occasion du 65 e anniversaire de la Libération des camps de concentration et d'extermination nazis :

 

Pour la Journée du Souvenir le 25 avril 2010

A l'Arbre de la Déportation, Parc Municipal d'Annemasse

 

65 ans ont passé ...

C'est le 65 ème anniversaire de leur libération que commémorent en cette fin d'Avril les survivants, de moins en moins nombreux, de l'enfer nazi et, pour tous les rescapés, les heures douloureuses qu'ils ont vécus ont marqué, d'une façon indélébile , leurs empreintes dans leurs mémoires et dans leurs chairs.

Nous devons rappeler ce que, dans les bagnes nazis, les détenus ont vécu jour après jour, car tous les jours c'était :
- des charrettes de cadavres tirées par les détenus,
- des départs de transport vers l'inconnu,
- un travail de forçats,
- les entassements dans le blocs avec la vermine toujours présente,
- les retours de Kommandos avec les camarades morts pendant le travail que l'on chargeait sur nos épaules amaigries,
- puis les interminables ANTRETTEN (rassemblements) dans le froid ou sous la pluie.

Partout, autour de nous, la brutalité sous les formes les plus diverses, la menace constante, l'affolement. Comme le disait souvent un très bon camarade, aujourd'hui décédé « DANTE n'a rien vu ! » car nous étions vraiment dans l'ENFER que des déments nazis avaient réinventé à l'usage des êtres humains !.

Voilà à peu prés l'atmosphère et les craintes au milieu desquelles nous survivions, et voilà ce que d'aucun osent qualifier aujourd'hui de DETAIL de l'histoire.

Mais si le nazisme et le fascisme avaient réussi à transformer en bêtes féroces une certaine catégorie d'êtres, l'effroyable tragédie que nous avons connue avait aussi contribuée à l'épanouissement des meilleures valeurs humaines sans que nous subissions la dégradation souhaitée par les nazis et leurs complices.

En ce mois d'Avril 2010, les rescapés des bagnes nazis (très handicapés pour la plupart) adressent un appel à tous les braves gens encore valide et épris de LIBERTÉ afin qu'ils persévèrent dans la voie tracée par leurs aînés en exigeant le respect absolu des Droits de l'Homme et afin que disparaissent à jamais les déportations, les tortures, les emprisonnements arbitraires et les humiliations d'où qu'ils puissent provenir.

NI HAINE NI OUBLI  telle est la devise de ceux et celles qui ont souffert dans les bagnes et autres lieux de détention nazis : la haine parce qu'elle n'est constructive de rien, et l'oubli parce qu'il est une lâcheté  comme l'a si bien dit notre grand Victor Hugo.

Marceau LEFÈVRE