mardi 22 mai 2012

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De la Gare de Chemin de Fer Economique du Nord à l'Office de Tourisme - Par Guy Gavard

Samedi 16 novembre, la Présidente de la Communauté de Communes de l'Agglomération Annemasienne et le Maire d'Annemasse ont inauguré les nouveaux locaux du nouvel Office de Tourisme, Place de la Gare. Depuis 1986, on avait pris l'habitude d'appeler ce bâtiment "Gare Routière réalisée entre 1930 et 1932 a été la gare du fameux CEN, chemin de fer économique dun Nord Annemasse-Sixt, une ligne électrifiée après avoir fonctionné à la vapeur.

  • Du Chemin de Fer à Vapeur à la Ligne Electrifié

Pour compléter les voies ferrées normales elle garde-Annemasse-Evian, Annemasse-La-Roche-Le Fayet, Annemasse-Genève Eaux-Vives, la IIIème République, dans le but de gagner les masses rurales au régime, favorisa la construction de chemins de fer économiques dits d'intérêts local à voie étroite, appelés tramways sur route. Le Conseil Général de la Haute-Savoie qui assura l'essentiel du financement, choisit la traction à vapeur ; les travaux entre Annemasse et Samoëns durèrent de 1888 à 1891.
La ligne partait de l'arrière de la gare en direction de la rue du Chablais, puis de la Place Nationale (aujourd'hui Jean Deffaugt) où était installé l'arrêt principal, empruntait la rue du Faucigny, la route des Vallées avec un autre arrêt à la hauteur de Malbrande, puis se dirigeait vers Bas-Monthoux...Le train à vapeur était lent - plus de trois heures pour aller à Samoëns - il n'en a pas moins contribué à développer l'influence d'Annemasse et de son commerce dans la Vallée du Giffre et a assuré un important trafic de marchandises. L'électrification a été retardée par la guerre de 1914-18 et a été réalisée entre 1928 et 1932.

Un service de cars a fonctionné durant cette période. La ligne électrifiée avait sa voie propre et n'utilisait plus les routes, elle fut prolongée jusqu'à Sixt que l'on atteignait en un peu plus d'une heure et demie. Il y avait six trains par jour dans les deux sens et dix le samedi et dimanche. De la gare, il gagnait l'avenue du Giffre, nouvellement percée, et à l'arrêt du Café de l'Etoile, avant de traverser le Beulet à travers champs, en direction de Bas-Montoux.
Le CEN électrifié a renforcé l'influence d'Annemasse favorisant l'émigration des villages de la vallée et l'exportation du bois, permettant de développer le commerce et le tourisme. Les Genevois empruntaient le petit train. L'hiver des wagons de skieurs allaient même jusqu'à Plainpalais en empruntant la ligne de tramways.
De nouvelles gares ont été édifiées, notamment celle d'Annemasse.

  • De la Gare du CEN à l'Office du Tourisme

La nouvelle gare du CEN de style bernois avait (et a toujours) fière allure avec ses dix-huit mètres de façade et son élégance toiture à quate pans. Si l'on regarde le bâtiment depuis la place de la gare, la partie droite publique comprenait la salle des pas perdus, la salle d'attente, les guichets de distribution de billets ; ces derniers étaient précédés de deux élégantes tables de marbre sur lesquelles les voyageurs déposaient leurs sacs ou paquets quand ils prenaient leurs tickets ; à l'arrière se trouvaient le service des colis et aussi l'accès aux quais qui desservaient trois lignes.
Sur l'emplacement de Martin Luther King et de ses abords, on avait les ateliers, les voies de garage et autres installations.

Le train électrique a joué un rôle important durant la guerre et a permis aux Annemassiens de se ravitailler dans les villages agricoles de la vallée. Les résistants l'ont utilisé et ont parfois dû dubir les arrestations de l'occupant.
A partir de 1950, le CEN a été concurrencé progressivement par l'automobile. Le trafic voyageurs qui avait atteint son chiffre maximum, de 650 000, en 1945, baissa progressivement ; le déficit s'accrut. Finalement le Conseil Général décida la fermeture de la ligne en mai 1959.

La gare était trop grande pour les services administratifs de la société de cars qui avait pris le relais. Les anciennes installations de l'arrière devenaient une friche lunaire.
Aussi, dans les années 1980, la municipalité Borrel prit la décision de rénover la gare, de réaliser une nouvelle percée -la rue du Docteur Francis Baud, un ancien élu annemassien- et d'aménager la salle des sociétés Martin Luther King et les parkings.

La gare routière a été inaugurée en octobre 1986. Une salle de réunion mise à disposition de la population a été aménagée dans l'ancienne salle des pas perdus du CEN -gare routière- reçoit, 70 ans après, une nouvelle affection et accueille désormais l'Office de Tourisme de l'Agglomération Annemassienne dans les locaux spacieux et rationnels.
Une nouvelle page d'histoire commence.